Super Maman et les devoirs

Quand on est femme d’expat, et qu’on ne travaille pas, on s’investit souvent trop dans la vie scolaire de ses enfants. On se dit : « C’est génial, fini les soirées speed. On va enfin avoir du temps pour aider nos bambins à réviser leurs devoirs et à y prendre plaisir… ». On se voit déjà, supervisant tranquillement les leçons et savourant chaque instant de complicité retrouvée….Erreur fatale ! Dans la vraie vie, on commence avec les meilleures intentions pédagogiques du monde… et on finit les cheveux hérissés, essayant de rester zen et digne, malgré l’envie irrépressible de faire bouffer leurs manuels à nos chérubins adorés. Pourtant les devoirs commencent presque toujours super bien. On est de bonne humeur, Chacun est à sa place : les enfants au bureau, les parents dans la pièce d’à côté pour ne pas troubler leur autonomie naissante. Et puis tout à coup, ça part en vrille. Fatigue, manque de motivation, nos étudiants en herbe passent en mode « off » : iIs rêvassent, tapotent en cadence sur le rebord de leur feuille, battent des pieds, chantonnent, racontent n’importe quoi…. On a beau tout tenter : la gentillesse, la menace, la rigolade, la pause goûter. Rien n’y fait. Si intelligents soient-ils, nos enfants n’y sont plus. Ils n’ont plus la tête à ça. Et le calvaire commence. Chaque exercice prend une heure, chaque leçon se transforme en galère. Et nous, bêtement, on garde le cap. Investie d’une mission suprême, on poursuit sans relâche. Ne vous inquiétez pas, « Super Maman » est là, et elle va assurer ! On explique, on reformule, trouve des exemples. Oui, grâce à nous, c’est certain, nos enfants vont comprendre, apprendre et progresser. Sauf qu’en fait… pas du tout. Ils continuent à bailler, sautent, rigolent. Ils écoutent d’une oreille et nous gratifient pour finir d’une petite phrase sans égal : « Mais la maîtresse ne nous a pas expliqué comme ça !» ; « Pourquoi veux-tu que j’apprenne les tables de multiplication, alors que ça ne m’intéresse pas », « Hein, quoi, tu m’as parlé ? Je t’ai pas entendue ». L’effet est immédiat. En 2 secondes, on passe du mode « Super Maman pédagogue » à « Bonemine râleuse et survoltée ». On prend un air affligé, les yeux au ciel, la bouche pincée, on s’énerve, monte en décibel. Et le pire c’est que le lendemain, on recommence sans hésiter. Poussée par l’envie de bien faire, on s’accroche au costume moulant et à la ceinture dorée. Ah, si seulement on se voyait ! Ça nous ferait rire, c’est certain ! Nous, « les Super Mamans des devoirs » avec  nos justaucorps serrés ! Y’a de quoi se moquer en douce de notre pédagogie de comptoir, de nos problèmes existentiels pour un cahier oublié, de nos sermons interminables pour motiver nos écoliers… Les Super Nanas, c’est pas nous ! Ce sont les maîtresses des écoles. Celles qui arrivent à passionner et faire comprendre, en restant zen. Les « Wonder Women » des salles de classe qui gèrent nos gosses toute la journée. Franchement, je leur tire mon chapeau. Et je n’ai qu’un seul mot : Respect ! Enseigner, c’est un vrai métier.

 

PS : Hé les maîtres soyez pas jaloux, vous aussi, ça va sans dire, vous êtes des héros des cahiers.

Copyright © Canbedone / Fotolia.com

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s